QUI MÈNE MA VIE ?


Lorsque je voyage sur de courtes ou de longues distances, un élément a tendance à influencer ma route et mes arrêts : arriver le plus vite possible! J’étais dans cet état d’esprit la semaine dernière, en plein cœur du Vermont, alors que j’allais voir mon fils jouer au hockey. Pourtant, je n’étais pas en retard et j’avais tout mon temps. Mais inconsciemment, c’est comme si je cherchais à battre le temps. Ou comme si le temps prenait le contrôle de ma vie.

J’étais sur l’autoroute lorsque mon indicateur me signala qu’il ne me restait plus que 20 kilomètres d’essence disponible. Comme toute personne raisonnable, je pris la première sortie qui se présenta à moi. Cependant, comme je remarquai que je devais faire encore un mille avant d’atteindre la station, je pris la décision, pour le moins osée, de reprendre l’autoroute sans faire le plein. Je me suis dit : « D’la merde, je ne vais pas perdre cinq minutes pour de l’essence ». Et puis, au fond, je me disais j’avais encore bien assez d’essence pour trouver une station plus proche de l’autoroute. Cherchant à perdre le moins de temps possible, j’ai donc pris le risque non calculé de me retrouver en panne sèche au beau milieu d’une autoroute aux États-Unis. Wow! Toute une décision à bien y penser!

Ce fut une grande erreur… puisqu’une fois de retour sur l’autoroute, mon indicateur changea rapidement à… zéro kilomètre. L’aiguille était maintenant bien au-dessous de la ligne rouge. « Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans ma tête pour faire ça? Tout ce tracas pour sauver cinq minutes? En plus, j’ai tout mon temps devant moi! ». Heureusement, j’ai pu atteindre la sortie suivante quelques milles plus loin, et même, faire deux milles supplémentaires pour atteindre la station d’essence. Mais quel stress énorme je me suis imposé à l’idée d’être en panne d’essence dans les montagnes du Vermont! Et ce qui est le plus drôle, c’est que j’étais tellement content d’avoir pu m’y rendre sans pépin, qu’à partir de ce moment, je ne me sentis plus pressé du tout. Il a fallu cet événement pour m’éveiller.

Lorsque je désire arriver le plus vite possible à destination, j’oublie d’apprécier le moment présent dans toute sa splendeur.

Lorsque je fais une erreur de jugement comme celle-ci, je me dis que Dieu est grand, car il me donne des leçons de vie sans trop de conséquences. Encore faut-il les saisir pour en tirer une morale et un apprentissage sur moi-même (à part le fait que c’est vraiment con d’aller autant à l’extrême).

Ce que j’ai appris, c’est que je laisse trop souvent ma vie se faire guider par le temps et la fausse illusion que je dois aller plus vite. Aussi, que je refuse d’oser sortir des sentiers battus, sous prétexte que je ne dois pas déroger de ce que j’ai prévu. Je me dis que ça ne vaut pas la peine de parcourir un mille de plus pour me rendre dans un petit village profond du Vermont avec des gens de la campagne conduisant leur vieux pick-up, la cigarette au bec. Qu’est-ce qui me dit qu’au contraire je n’y ferai pas une belle découverte? Les plus belles découvertes ne sont-elles pas là où l’on n’ose s’aventurer? Ceux qui me connaissent savent que pourtant, j’adore l’aventure et surtout de sortir des sentiers battus.

Il m’arrive encore d’oublier l’importance d’apprécier ce qui est là maintenant. Pas dans dix minutes, ni dans cinq minutes. Simplement maintenant. Merci à la vie de me rappeler d’oser sortir de ma route pour découvrir de nouveaux horizons et faire les choses autrement. Et vous? Osez-vous sortir des sentiers battus? Qui mène votre vie? Personne d’autre que vous ne peut en décider.

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